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Accueil du site > Gard > Compte rendu du Procès des déboulonneurs du Gard
Procès des déboulonneurs du Gard, 9 mars 2007 à 14 h, tribunal correctionnel d’Alès. Rappel des faits Le 26 mai 2006 à Anduze, vers 19h15, François Jourde et Sara Martinez sont arrêtés par les gendarmes. Perchés sur leurs échelles, en présence d’une douzaine de sympathisants et d’un journaliste du Midi Libre, ils venaient d’inscrire « Halte au matraquage, votre pub en 50 cm x 70 cm » sur une peinture murale de 28 m2 appartenant à la société Netto, et « pub = pollution visuelle » sur un panneau 4 x 3 m de l’afficheur Cévennes Publicité. Leur déposition à la gendarmerie durera près de deux heures. Voir le compte rendu de l’action Leur procès, initialement prévu le 8 décembre, est reporté au 9 mars. Pour avoir « volontairement tracé des inscriptions, des signes et des dessins sur des panneaux publicitaires » (article 322-1 al. 2 du Code pénal), les militants encourent 3 750 € d’amende, une peine de travail d’intérêt général, ainsi que la privation de leurs droits civiques et l’interdiction d’exercer une fonction publique. Les parties civiles Outre Netto et Cévennes publicité, deux autres sociétés se portent parties civiles : il s’agit des magasins Super U et Gitem, dont plusieurs panneaux ont été encollés d’affichettes portant l’inscription « Marre de la pub », faits que les prévenus n’ont jamais reconnus. Le montant total des dommages et intérêts demandés s’élève à 2 300, 67 euros. Rassemblement devant le tribunal Une soixantaine de personnes sont venues en soutien, dont plusieurs membres des Collectifs parisien et montpelliérain. Les quotidiens La Marseillaise et le Midi Libre sont présents, ainsi que la chaîne de télévision France 3. Audience Les sympathisants sont trop nombreux pour entrer dans la salle d’audience tous en même temps ; ils acceptent donc de bonne grâce de procéder par roulement. À noter : les parties civiles ne sont pas présentes, mais leur plainte n’en reste pas moins recevable. Audition des prévenus Les prévenus sont appelés à la barre. Après le rappel des faits, ils sont invités à s’expliquer sur leur acte. Ils insistent tous deux sur le fait que l’imposition de messages dans un lieu où nul ne peut s’y soustraire, à savoir l’espace public, constitue une agression et bafoue la liberté de non-réception. Ils rappellent l’objectif du Collectif, qui est de ramener la taille de l’affichage commercial à celle de l’affichage associatif, à savoir 50 x 70 cm. Leurs déclarations respectives sont fréquemment interrompues par le président qui rappelle avec véhémence que « le tribunal n’est pas une tribune politique ». Après vingt minutes environ de déclaration, les prévenus sont invités à se rasseoir. Le procureur ne leur aura posé aucune question. Témoins Le président, apprenant qu’aucun des témoins n’était présent le jour du barbouillage, ne souhaite pas entendre autre chose qu’un simple témoignage de moralité : « les prévenus sont-ils, oui ou non, des personnes recommandables ? ». Les trois témoins sont malmenés et sans cesse interrompus, mais parviennent tout de même à faire entendre quelques idées clés pendant les quelques minutes de parole qui leur sont accordées.
Réquisitoire Le procureur brode autour du thème « tout le monde aime désobéir : les enfants désobéissent à leur parents, les automobilistes désobéissent au code de la route, c’est humain…Mais dois-je faire la différence entre un artiste et un idéaliste ? Autrement dit, dois-je fais la différence entre vous et des tagueurs ? » Il requiert une amende avec sursis, sans en préciser le montant, mais déclare avec emphase qu’il « laisse la porte ouverte à une dispense de peine ». Plaidoirie Maître François Roux, qui a déjà défendu le Collectif des déboulonneurs lors des procès de Montpellier en juin 2006 et de Paris en janvier 2007, interpelle le juge sur les méthodes scandaleuses des publicitaires et le matraquage qu’ils mettent en œuvre pour envahir nos « cerveaux disponibles ». Il justifie l’action des prévenus par le fait que tous les recours démocratiques sont épuisés, et plaide l’état de nécessité ainsi que le droit à vivre dans un environnement sain, mentionné dans la Charte de l’environnement intégrée dans la Constitution du 4 octobre 1958. Agir pour préserver l’environnement relève bel et bien du devoir, souligne-t-il avec force. Il rappelle l’histoire de la désobéissance civile, en citant notamment le « Manifeste des 343 salopes » qui se battaient pour le droit à l’avortement, et bien sûr le Général de Gaulle, condamné à mort après avoir appelé les Français à désobéir, le 18 juin 1940. Enfin, il exhorte le président à faire preuve d’audace, et à prononcer une peine plus clémente encore que celles édictées par les tribunaux de Montpellier et Paris (respectivement 200 euros avec sursis et un euro symbolique) : « c’est à vous que reviennent le privilège et l’honneur d’aller encore plus loin : relaxer ! » L’audience aura duré un peu plus d’une heure. Le délibéré sera rendu le 23 mars. Article de la Marseillaise du 8 mars 2007 Article du Midi Libre du 9 mars 2007 Article du Midi Libre, 10 mars 2007 Article de la Marseillaise, 10 mars 2007 Reportage de France 3 Pays Gardois, 9 mars 2007 |
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