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Compte rendu du procès du 25 février 2013

Article publié le mardi 26 février 2013

Lundi 25 février 2013 : procès de 6 barbouilleurs parisiens

6 barbouilleurs ont été entendus au tribunal de grande instance de Paris ce lundi 25 février 2013 pour dégradation grave commise en réunion et refus de prélèvement ADN. Ils avaient écrit le 28 février 2009, lors d’une action de désobéissance civile sur des panneaux publicitaires, les messages « liberté de non réception », « vitrine du mensonge », « 50x70cm limitons », « violence économique », « légitime réponse ». L’interpellation a été suivie d’une garde à vue de 20 heures et d’une demande de prélèvement ADN qu’ils ont refusé.

Le procureur a demandé une requalification du chef d’inculpation en dégradation légère, laquelle ne justifie plus la prise d’ADN. Le procureur requiert 200€ d’amende pour les prévenus déjà condamnés pour barbouillage et 200€ avec sursis pour les prévenus jamais condamnés, ainsi qu’une relaxe pour le refus de prélèvement d’ADN.

JCDecaux demande 895€ de dommages et intérêts correspondants aux frais de nettoyage des panneaux. La partie civile n’était pas présente à l’audience.

Maître William Bourdon a demandé la relaxe au nom de l’état de nécessité.

Le délibéré sera rendu le 18 mars 2013 à 13h30, dans la 12e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. (mise à jour du 15 mars : attention le rendu est reporté au 25 mars)

Des témoins ont été cités par le Collectif des Déboulonneurs

Catherine Bourgain, généticienne, a démontré que les prélèvements d’ADN effectués pour le FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques), à la suite des avancées de la science et de la technologie, permettent de donner des informations sur les maladies génétiques et l’origine géographique des personnes. De plus, les fichiers ne sont pas à l’abri de piratage.

Claude Got, professeur de santé publique, a abordé les problèmes de l’alcool, du tabac, des accidents de la route, de l’obésité, pour lesquels les messages diffusés par les publicités ont une grande part de responsabilité. Il a également évoqué la puissante pression exercée par les industriels sur le pouvoir politique. Il déplore les procédés de manipulation des publicitaires et alerte sur le fait qu’une société qui fonctionne sur des rapports financiers et non plus de sincérité est en danger.

Mehdi Khamassi, chercheur en neuroscience, a expliqué comment notre cerveau traite des informations malgré notre volonté et à notre insu, comment certaines parties de notre cerveau sont sollicitées pour être plus facilement marquées et pour orienter nos choix de consommation.

Soutiens

Les élus de Paris Danielle Simonnet et Alexis Corbière, du Parti de Gauche, et Sandrine Mees, d’Europe Ecologie – Les Verts ont apporté leur soutien au Collectif des Déboulonneurs et assisté au procès.

Quarante sympathisants étaient présents à l’audience.

Médiatisation

L’AFP, Politis, Slate.fr, Les Inrockuptibles ont suivi le déroulé du procès.

France 3, France Culture, Le Parisien, 20minutes, Stratégies et Canal Plus ont annoncé le procès



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