Soutien aux déboulonneurs

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Lyon - Prochaine action et éclaircissements sur le démontage d’une enseigne

jeudi 18 janvier 2007, par nicolas

Le collectif lyonnais des déboulonneurs, qui prône l’action directe
non-violente face à l’envahissement publicitaire, vous confirme la tenue, à
la fin du mois, d’une action de barbouillage à Lyon à laquelle toute personne
peut participer dans la mesure qui lui convient (relai de l’info, présence,
soutien actif, organisation, barbouillage). Vous pouvez nous écrire
pour proposer votre participation (deboulonneurslyon@yahoo.fr).

Les "déboulonneurs" sont actuellement cités dans la presse, non seulement à
l’échelle nationale pour le grand procès qui s’est tenu la semaine dernière à
Paris, mais aussi à Lyon en raison d’une action de démontage de la
gigantesque enseigne "mingat" de 50 m2 qui défigurait les rives du Rhône face
au parc de la Tête d’or.

Il faut préciser que le "collectif des déboulonneurs" n’est ni de près ni de
loin lié à cette action nocturne : contrairement aux militantEs d’antipub69,
les déboulonneurs et déboulonneuses agissent toujours à visage découvert et
en désobéissance civile, et - malgré leur nom de ralliement - commettent
uniquement des actions quasi symboliques de "barbouillage" (inscription à la
peinture sur des panneaux publicitaires).

Il reste que l’action de démontage du panneau démesuré du loueur de voitures
s’est déroulée de façon non-violente elle aussi : les pans de l’enseigne ont
apparemment été tranquillement déposés au sol sans dégats inutiles. Le
paysage est maintenant libéré de cette tâche qui le défigurait.

Mais depuis quelques jours, un malaise se fait sentir. Cette affaire est
révélatrice de la démission des pouvoirs publics face à la colonisation de
l’espace public par l’affichage publicitaire. Le propriétaire de l’enseigne,
qui a d’abord crié au scandale et a déclaré bruyamment son intention de
porter plainte (peut-être) contre les auteurs de ce démontage nocturne (Le
Progrès, 13 janvier), était en réalité dans l’illégalité la plus complète
depuis des années ! Les témoignages du maire de Caluire-et-Cuire et de son
adjointe dans le court reportage diffusé sur F3-Lyon dans son édition du 11
janvier sont édifiants à cet égard. Vous pouvez le regarder à l’adresse
suivante :
http://www.bap.propagande.org/modul...

L’affaire de l’enseigne de Caluire n’est qu’une éclaboussure dans un océan
d’inertie. Depuis des années, des associations se mobilisent contre
l’invasion publicitaire. Mais nos représentants et responsables politiques
ont renoncé face aux milliards de l’industrie publicitaire - même lorsqu’il
ne s’agirait que de faire appliquer la loi. L’association Paysages de France,
qui fait un travail colossal pour lutter contre l’affichage publicitaire
sauvage, en est venue à porter plainte contre des préfets : l’Etat a ainsi
été condamné 18 fois ces dernières années pour son inertie face aux
afficheurs délinquants.

Aujourd’hui, que se passe-t-il ?
A Caluire, le démontage nocturne d’une enseigne par des militants a provoqué
le zèle d’une municipalité qui décide - soudain - de déclarer la guerre aux
panneaux illégaux. (Le Progrès, 16 janvier)
A Lyon, cinq personnes qui avaient recouvert les bandeaux publicitaires dans
le métro lyonnais ont été condamnés en septembre dernier à de lourdes peines
d’amendes : le procureur avait déclaré la publicité d’utilité publique car
elle contribue à faire baisser le prix du ticket ! Résultat : depuis quelques
jours, des rames sont entièrement recouvertes de publicité pour un soda trop
connu. A ce compte-là, voyageons sans ticket !
A Paris, le procès de sept militants du collectif des déboulonneurs le 12
janvier semble amorcer un débat sur la place laissée à la publicité dans
notre société. Quelques responsables politiques - encore timidement -
s’intéressent à la question. D’autres procès sont à venir. Mais il ne s’agit
pas seulement de l’affichage dans l’espace public : la pub s’immisce à
l’école, soumet les médias dominants, elle est le lobby de la surconsommation
et de la destruction de l’environnement.

La désobéissance civile non-violente apparaît encore aujourd’hui comme un
dernier recours pour ceux qui demandent simplement une reconsidération de la
place laissée à la publicité dans l’espace public. Déclarons nos cerveaux
indisponibles ! Barbouillons le tyran !